beezik-musique-gratuite-telecharger Il y a quelques jours, je découvrais un nouveau service de téléchargement de musiques, gratuit et légal : Beezik, avec un catalogue riche de plus de 2 millions de titres. C’était l’occasion pour moi de tester (enfin) un tel service. Jusqu’à présent les contraintes liées aux DRM et les prix m’avait fait rebroussé chemin quand je flânais sur iTunes, Amazon ou la Fnac.com.

La plaie des DRM

En effet jusqu’à présent les morceaux de musiques étaient protégés par des DRM (Gestion des droits numériques), ce qui posent rapidement de fortes contraintes : limite dans les transferts de fichiers entre ordinateurs et lecteurs MP3, transfert impossible sur un iPod (selon certains DRM), difficulté à créer un CD audio pour l’écouter en voiture, incompatibilité avec un système audio multi-pièces comme la SqueezeBox, etc. Là où la musique est pour moi synonyme de plaisir, ces offres musicales étaient un vrai calvaire dans leurs usages. Tout cela accompagné d’un prix non justifié : 0,99 € pour un titre en MP3 (donc pour une musique de moins bonne qualité qu’un CD) et au moins 9,90 € pour un album entier.

Cela bouge enfin du coté de la musique en ligne

Depuis quelques mois, quelques acteurs de la musique en ligne ont fait des annonces dans le bon sens en proposant des offres sans DRM : Amazon, Apple iTunes, FnacMusic, Virgin Mega et autres. Je n’étais donc plus très loin de faire mes premiers achats en ligne, au moins pour tester les services et la qualité musicale. Sur ces annonces de leader, des pionniers lançaient des services comme Deezer ou Beezik pour l’écoute en ligne voir le téléchargement, sans dépenser un euro.

Beezik, des millions de chansons gratuites à télécharger

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Devant une telle annonce, je ne pouvais résister à tester ce service, qui se place d’emblé comme un concurrent de Deezer : la gratuité et une offre large (l’intégralité du catalogue d’EMI et d’Universal Music).

Je ne vais pas faire durer plus longtemps le suspense : j’ai vite déchanté. Certes, il y a du choix et la musique est bien gratuite et téléchargeable. Mais les contraintes pour en profiter gâchent tout le plaisir. Il faut une grande avarice motivation pour utiliser ce service.

Bien entendu, rien n’est gratuit dans la vie, le service fonctionne donc avec de la publicité. Certes, jusque là rien d’anormal. Deezer fonctionne par ailleurs avec le même principe. Mais ici le publicité est extrêmement envahissante et impose des contraintes fortes. D’ailleurs la mise en œuvre de la musique gratuite financée par la pub chez Beezik présente quelques craintes que j’avais sur l’évolution du modèle actuel de Deezer. Sur ce dernier, j’écoute de la musique avec le site web en fond ou depuis mon Media Center, donc sans être devant le site Web de Deezer. Au final, je ne clique jamais sur les pubs et je ne les vois jamais ! Deezer peut-il convaincre encore longtemps les annonceurs ?

La pub cela prend du temps, beaucoup de temps

Beezik apporte une réponse (pour les annonceurs) à ce constat. Pour télécharger un morceau de musique, il faut sélectionner et visualiser une publicité en vidéo. Cette vidéo s’affiche en plein écran. Il est impossible alors de faire autre chose en même temps sur votre ordinateur. Si vous basculez l’écran, le téléchargement s’arrête.

Sur le site, il précise que la musique est accessible en 20 secondes. Pour ma part, le meilleur chrono que j’ai pu faire pour un téléchargement est de 56 secondes, bien souvent j’étais au delà de 1min30. Car ici le téléchargement est double : le morceau de musique + la vidéo de la pub. Cela ira peut-être mieux quand les serveurs de Beezik seront performants. Le téléchargement se réalise morceau par morceau, sans possibilité de charger tout un album. Vous imaginez alors le temps nécessaire pour télécharger un album de 12-15 chansons. Un temps consacré uniquement à cela, puisque votre ordinateur ne peut afficher d’autres fenêtres (même pas un petit Msn pour tchatter).

Vous allez me dire : “pas grave, je vais télécharger pendant que je fais le ménage ou que je prends un café !”. Oui, c’est possible, sauf que pour plaire à leurs clients (chez Beezik, le client ce n’est pas l’internaute, c’est le publicitaire), il y a une procédure de vérification que vous êtes bien scotché à votre écran. A la fin de l’écran pub, il y a un compte à rebours de 6 secondes.

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Laps de temps pendant lequel vous devait cliquer sous peine de devoir recommencer le téléchargement et surtout le visionnage du film publicitaire.

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Le matraquage publicitaire

Mais là où ce travail de téléchargement astreignant devient très pénible, c’est qu’il existe seulement 4 spots publicitaires. Si cela n’est pas du matraquage pub. Je reste collé devant mon écran et je subis 3 fois au minimum la même pub pour télécharger un album complet ! Une fois ce bourrage de cran terminé, l’opération pub se poursuit. Le titre ainsi chargé, est sponsorisé par les marques, même une fois sur votre disque dur. Le précieux fichier est nommé :  “Duffy – Stepping Stone (Beezik remercie Samsung)”. Vous remarquerez que Beezik remercie bien son client, mais pas vous !

Allez, un petit coup de renomage du fichier, et on en parle plus de ce gentil client fournisseur. Et bien non ! Son nom est aussi inscrit sur la jaquette du morceau de musique.

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De la pub, de la pub, de la pub jusqu’au bout ! Vous imaginez la suite non ? Je clique immédiatement sur mon bien précieusement acquis gratuitement (merci qui ?), persuadé que je vais avoir le droit à un jingle pub avant, pendant, après … et bien non ! L’artiste a pu exprimer tout son talent sans qu’au écran pub ne vienne lui clouer le bec. En même temps, la pub Samsung passée en boucle, pendant le téléchargement, raisonne encore dans mes tympans !

Le coup de grâce avec les DRM

Alors est-ce que tous mes efforts de résistance à la pub, ont-ils été récompensés ? Est-ce que je dispose enfin de ma musique et vais-je pouvoir l’écouter comme bon me semble ? Et bien, non ! Celle-ci est protégée par des DRM (made in Windows) ! Il m’est donc impossible de la transférer sur mon iPod Touch ou celui de Madame, ni de l’écouter sur mon serveur musical et mes SqueezeBox.

Cerise sur le gâteau, un bug du système de DRM m’a permis de découvrir un détail de leur gestion. Pour continuer à écouter cette musique “chèrement” acquise, il est nécessaire de réactualisé les DRM tous les mois, en se connectant ‘(login + mot de passe) sur le site de Beezik.

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Donc même si je disposais d’un lecteur MP3 compatible (c’est-à-dire lisant les fichiers WMA DRM), je suppose qu’il me faudra synchroniser le lecteur tous le mois pour remettre les DRM à jour !

Le temps, c’est de l’argent

L’idée de départ n’était pas mauvaise “proposer de la musique gratuitement en finançant le service par de la publicité”. Mais l’implémentation est un enfer pour l’utilisateur. Ce service est peut-être valable pour récupérer une ou deux chansons de temps en temps, mais sûrement pas pour se constituer une bibliothèque. Et au final, même dans cet usage, les DRM viennent une nouvelle fois tout gâcher et encouragent l’Internaute à se tourner vers d’autres solutions où la musique est rapidement accessible et librement utilisable. Ce que j’ai fait le soir même.

Le bonheur est dans le légal payant

Le plus amusant de ce test, est qu’il m’a donné envie de regarder à nouveau les services de la Fnac et Amazon. La période est propice car ces deux leaders se livrent à une guerre commerciale sur le sujet. Ils proposent (jusqu’au 10 juillet pour la FNAC), une offre très intéressante : plus de 300 albums à 2,99 € au format MP3 sans DRM. Le prix est très raisonnable et le catalogue est varié, de la nouveauté au fond de panier. Est-ce enfin une offre de musique en ligne intéressante ? Il se pourrait bien, j’ai passé une bonne partie de ma soirée à naviguer dans leurs magasins en ligne. Et j’ai acheté mes premiers albums en MP3 ! Je vous en parle bientôt.